Tirlemont. La vallée de la Grande Gette
projet: Français, pll_6ad9b6d2162c0, remise en eau
Que se passe-t-il lorsqu’on essore une éponge vieille de plusieurs milliers d’années et qu’on ne lui redonne plus jamais d’eau ? Elle se dessèche, s’effrite et restitue à l’atmosphère tout ce qu’elle retenait. C’est exactement ce qui arrive aujourd’hui à nos tourbières. Au cœur de la Campine, ce projet s’attaque précisément à ce problème dans la vallée de la Zwarte Beek, dans le Limbourg, qui abrite une formation tourbeuse continue de 200 hectares sans équivalent en Europe occidentale.
La restauration repose sur des interventions éprouvées, combler les fossés, retirer les tuyaux de drainage, rehausser le lit des ruisseaux pour maintenir un niveau d’eau plus élevé, reconnecter les anciens méandres et les mares, et décaper la couche superficielle riche en nutriments afin de permettre à un marais traversé par un écoulement d’eau de se reconstituer. Dans la Zwarte Beek, ces interventions font ainsi remonter le niveau de la nappe phréatique dans toute la partie centrale de la vallée. La nature est littéralement réaménagée pour fonctionner comme une éponge. Une couche de tourbe gorgée d’eau est en effet l’un des puits de carbone les plus efficaces dont nous disposions. Elle se forme lentement, se décompose à peine en milieu humide et retient ainsi le carbone pendant des siècles. Dès que la tourbe s’assèche, le processus s’inverse. Une tourbière asséchée émet jusqu’à 11 tonnes de CO₂ par hectare et par an. Dans la seule vallée de la Zwarte Beek, jusqu’à un million de tonnes de CO₂ pourraient être libérées si la tourbe continue de s’assécher et de se décomposer. La remise en eau n’est donc pas un luxe, c’est le moyen le moins coûteux d’éviter que le carbone déjà stocké ne retourne dans l’atmosphère.
Le calcul suit la méthode Claire conforme à la norme ISO 14064 pour la remise en eau. Le point de départ est le périmètre du projet, c’est-à-dire la superficie délimitée de sol tourbeux effectivement remise en eau. Celle-ci est comparée à un scénario de référence dans lequel l’assèchement se poursuit et la tourbe continue de s’oxyder. Après la remise en eau, cette oxydation cesse et les émissions nettes tombent à zéro par prudence, les faibles émissions de méthane associées aux milieux humides ne sont pas comptabilisées comme un bénéfice. La différence entre les deux scénarios correspond aux émissions évitées, intégralement attribuées à la remise en eau. Les chiffres font l’objet d’une validation externe et d’un examen par le conseil scientifique de Claire, comme pour nos autres projets.
Concrètement, le projet porte sur 100 hectares de tourbières dans la vallée de la Zwarte Beek, soit environ 1 200 tonnes de CO₂ évitées par an. Son impact dépasse toutefois les chiffres. Le milieu restauré est aussi un habitat pour les grues, le royaume de la bécassine des marais et un refuge pour le triton crêté et la rainette verte. La tourbe gorgée d’eau joue un rôle de tampon hydrique, permettant aux vallées de mieux traverser les périodes de sécheresse et réduisant les pics de crue en aval. Le carbone, l’eau et la biodiversité y gagnent ensemble, ce qui rend ce projet particulièrement intéressant pour celles et ceux qui souhaitent compenser leurs émissions de manière locale et vérifiable.
Localisation: Vallée de la Zwarte Beek (Beringen, Limbourg)
Disponibilité: 1 200 tonnes
Contact: christoph@claire-co2.com




